« Fais-toi capacité et je me ferai torrent. » Sainte Catherine de Sienne
L’une de mes qualités qui revient le plus souvent lorsqu’on interroge mes proches, est la douceur que j'incarne.
Cela est certainement vrai, cependant je suis aussi tentée de croire au regard d’une expérience vécue dans la foi, que la douceur au-delà d’avoir une voix apaisante et de la grâce dans ses gestes, est aussi une attitude intérieure, une disposition de cœur.
« Heureux les cœurs doux, ils auront la terre en héritage. », cf le livre de Mathieu 5, 3-12.
J’ai appris avec le temps que faire preuve de docilité, c’est aussi se laisser aimer par le Seigneur, et surtout accepter les grâces de Dieu dans sa vie.
Il y a encore quelques années en arrière, il m’arrivait de m’écrouler à plusieurs reprises lors des séances de prière.
Dans notre jargon on dit « tomber sous l’effet du Saint-Esprit ».
Cela m’arrivait très fréquemment.
Dans les débuts, j’étais encore naïve, je croyais qu’il fallait forcément être agitée afin de se rassurer ou de rassurer l’assemblée d’avoir été visitée par le Saint-Esprit.
Puis, en grandissant pas à pas dans la foi, avec l’exemple de la Sainte Vierge, j’ai réalisé que le SE est doux et peut se manifester avec beaucoup de tendresse.
" L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre… " Luc 1 V 35.
Et pourtant, même en ayant pris conscience de cette parole, je continuais de « tomber » pendant les rencontres de prière.
Je commençais à me sentir de plus en plus mal, vis à vis de moi-même et des autres. Imaginez-vous être la seule personne à toujours s’écrouler pendant les prières pour les mêmes motifs. On pourrait croire que vous faites exprès d’attirer les regards sur vous ou pire, vous êtes possédé.e ! ( Mettez son corps dehors, disent les Ivoiriens 😂).
L’un de mes ainés dans la foi, me disait que j’avais du mal à me contenir en présence du Saint-Esprit parce que je ne passais pas assez de temps dans la prière.
Mais j’en doutais fort.
Au fond de moi, je savais qu’il y’avait une explication plus grande derrière toutes ces dignes chutes 😅.
Puis, lorsque je me suis décidée à l'interroger sur ce qui n'allait pas avec moi, le Seigneur dans sa bienveillance m’a fait comprendre que j’étais résistante aux manifestations de Son Amour dans ma vie.
Mon cœur était fermé aux bénédictions de Dieu prévues pour moi.
Vous êtes certainement étonnés de lire cela, n’est-ce pas ?
Qui n’aime pas bonheur, dit-on chez nous ?
Et pourtant, moi j’avais peur que Dieu me bénisse.
J’avais peur de me laisser aimer et choyer par le Seigneur ; je craignais à tort qu’en l'étant, mon cœur s’enfle d’orgueil, et que je me détourne de Ses voies, pourtant toute ma vie j'aspire à demeurer auprès de Lui.
Alors à chaque bonne parole de prophétie sur ma vie, je résistais. Ce qui se manifestait par des agitations pendant la prière.
J’étais très douce dans l’apparence physique, mais mon cœur était dur et fermé à l'Amour de Dieu. J'aime Dieu de tout mon cœur, et à cette étape de notre relation, je voulais être la seule personne à l'aimer. Je ne voulais pas que le trop-plein d'amour que j'accueillerai de Lui, me détourne et me fasse tomber dans l'orgueil.
Voyez-vous déjà le paradoxe ?
Quand on parle d'amour, on parle de don, tandis que le don implique de se donner à l'autre et de recevoir de lui. Ainsi, l'amour est exprimé dans sa plénitude et c'est aussi un beau signe d'humilité.
"Donner à l'autre sans vouloir recevoir de lui en retour, est faire preuve d'orgueil" disait un Cardinal, lors d'une homélie.
Finalement, en refusant l'Amour de Dieu, je faisais déjà ce que je ne voulais pas : "Etre orgueilleuse".
C'est comme un enfant qui refuse l'amour maternel, alors qu'il en a besoin pour son équilibre émotionnel.
Par ailleurs, il n y avait pas que cette peur, il y avait aussi la peur de ne pas savoir entretenir les bénédictions de Dieu. Parce qu’une chose est de recevoir les grâces de Dieu et une autre est de les entretenir.
Pour moi, il a toujours été primordial d'être capable de prendre soin des biens que Dieu me confiera.
Le syndrome de l’imposteur également me faisait croire que je ne suis pas digne des promesses du Christ pour ma vie.
" Qui suis-je pour mériter les grâces d’un Dieu si grand et parfait ? Moi une si petite personne ", me disais-je parfois.
Mais, j'ai été à l’école du Saint-Esprit et de notre Sainte Mère Marie, j’ai appris et j’apprends avec eux à accueillir les dons de Dieu dans ma vie, tout en Lui offrant mes limites humaines.
Pour fuir l’orgueil, je ne les reçois pas comme un acquis ou une récompense, mais plutôt comme des faveurs imméritées. " Qui donc t’a mis à part ? As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ?" 1 Cor 4-7
J’ai appris que plus on grandit dans la foi, ce n’est plus nous qui vivons mais c’est Christ qui vit en nous. Et s'il n y a point d'orgueil en Christ, Lui Vrai Dieu et Vrai Homme, alors notre cœur ne s'enflera pas d'orgueil en étant dans la plénitude de Sa grâce, expression de Son Amour parfait pour nous.
C'est ainsi qu'aujourd’hui, à l’image de la Sainte Vierge Marie, je répète face aux prophéties qui me sont destinées : « qu’Il me soit fait selon Sa parole… »
Il peut avoir mille et une raisons pour laquelle vous tombez lors des moments de prière, elles sont relatives, varient d'une personne à une autre, dépendamment de son histoire et de ses sensibilités.
Pour ma part, j'avais besoin de me laisser aimer par Dieu et de lui faire davantage confiance.
Si tel est le cas aussi pour vous, priez, demandez au Seigneur d’adoucir votre cœur et d’élargir l’espace de votre tente pour que vous puissiez jouir de Sa présence et bénéficier de Ses grâces.
N’ayez pas peur, vous ne tomberez pas dans l’orgueil en étant abondamment béni.e, car pour reprendre les propos de Galates 2:20 : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu’homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place ».
Leïla K. Kadja






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